Il jouait du soubassophone comme d’autres du piccolo…

 

Plus jamais vous ne le verrez sur scène… Dominique a replié son ombrelle et joué son dernier chorus.

 

Celui que l’on surnommait « le Prince du miror », « le Soubassophoniste de l’extrême » ne sera plus jamais parmi nous.

 

Emporté par ce que l’on nomme pudiquement une « longue maladie », il n’a eu d’autre choix que d’abandonner l’orchestre des «Mortels» pour aller faire le bœuf avec ceux qui l’avaient précédé, intemporels à nos yeux et surtout à nos oreilles : Louis, Bix, Sidney, Duke, Django, Bessie, Ethel, Billie et plus près de nous : Brassens et Nougaro.

 

C’est à l’Harmonie Municipale de Montbard qu’il appris la musique et le tuba, mais c’est au sein de l’orchestre des Jazzogènes qu’il allait pouvoir laisser exploser pleinement son immense talent. A l’époque, Il avait à peine 16 ans !…

 

Musicien instinctif et multi-instrumentiste (soubassophone, trompette, trombone à pistons, saxophone, orgue et accordéon …), sa présence en scène, sa décontraction, sa faculté innée à improviser, son sens de la musique de Jazz, la rigueur de son tempo, le faisait rapidement remarquer par quelques Professionnels. Aux propositions alléchantes, Dominique rétorquait invariablement : « Je suis Facteur à Arnay le Duc, et je compte bien le rester ».

 

Citant souvent son idole Pierre Desproges, Dominique se plaisait à dire : « Noël au scanner, Pâques au cimetière » Dominique n‘a guère tenu plus longtemps, épargnant jusqu’au bout sa famille, ses proches, ses amis, faisant preuve jusqu’à la fin d’un optimisme et d’une énergie hors du commun.

 

Le monde du Jazz Traditionnel perd un immense musicien. Nous l’avons accompagné à sa dernière demeure, en musique, selon ses vœux. Une vingtaine de Jazzmen, parfois venus de fort loin, étaient présents pour lui rendre hommage. Un grand merci à eux.

 

Dominique CLERGEOT est décédé le 28 octobre 2004. Il avait 44 ans…Il laisse derrière lui quelques enregistrements (audio et vidéo),  et une petite fille de 11 ans !…

 

Aux dernières nouvelles, Fats WALLER chercherait des musiciens pour remonter un orchestre, là haut…, ou là bas… si vous préférez…

 

                         Bye l’Artiste !

 

                                                                                                                                           Son frère...

 

A Dominique...